Office de tourisme intercommunal, employeurs du tourisme et organismes de formation unissent leurs forces pour attirer et fidéliser des saisonniers locaux, en misant sur l’apprentissage, la montée en compétences et l’engagement durable des jeunes du territoire.

Trouver des employés pertinents et impliqués pour la saison ? Pas si simple. Tous les socioprofessionnels vous le diront. Et en cette fin d’hiver, ce sont les derniers recrutements qu’il faut boucler, en essayant de faire coïncider au mieux les compétences des uns avec les besoins des autres. Une équation que l’office de tourisme intercommunal de Porto-Vecchio a souhaité aider à résoudre en accompagnant ses adhérents, en leur permettant de rencontrer notamment des personnes vivant dans la microrégion, d’où les rencontres professionnelles “Tourisme et métiers”, proposées pour la première fois ce jeudi 5 mars.
“Connaître les besoins de nos socioprofessionnels est une de nos missions principales, c’est ainsi que nous pourrons les aider et faire évoluer les choses dans le bon sens”, estime Laurence Giraschi, directrice générale des services de la communauté de communes, d’autant que le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) du territoire connaît des tensions structurelles de recrutement, accentuées par la saisonnalité, l’évolution des attentes des candidats et la concurrence interterritoriale.
Redynamiser le tissu d’emplois en local
D’où le souhait de beaucoup d’embaucher des personnels locaux, “car cela élimine la problématique du logement, tout en donnant de l’emploi à nos jeunes”, explique Madeleine Iudica qui, pour le restaurant Terra Mea, recherche un chef de partie, un plongeur et une serveuse, des postes qui ne sont “pas bloquants en début de saison, mais provoquent un manque de confort pour l’équipe quand ils manquent”.Pour le Golden Tulip, Jean-Cassien Mary doit recruter 16 personnes en emploi saisonnier, “qui viendront s’ajouter à une vingtaine en CDI” et fait face lui aussi à des difficultés de recrutement, “notamment parce que certaines écoles hôtelières laissent croire qu’on peut devenir directeur en deux ans alors qu’il faut bien plus de temps et beaucoup de travail. Cela fausse la représentation du secteur que peuvent avoir certains jeunes”.
Détecter les potentiels et les former
Et la formation est, tant pour les organisateurs que les participants, le nerf de la guerre. “La saisonnalité n’est pas un problème fondamental. Ce qui est fondamental, c’est de pouvoir former nos jeunes, d’avoir un haut niveau de qualification, ce qui permet de fidéliser des personnes compétentes”, avance Laurence Giraschi, rejointe dans son analyse par Peggy Poirot, responsable du CFA. “La jeunesse revient vers les métiers du tourisme, qui offrent des perspectives, et les jeunes ne sont pas les seuls à pouvoir entrer en apprentissage, puisqu’on le propose aussi en reconversion professionnelle. Il faut aussi que les employeurs qui détectent des potentiels en saison les incitent à intégrer des formations, notamment en apprentissage, ce qui est facilité aussi parce que le CFA permet une entrée à n’importe quel moment.”
En BTS, la prochaine promotion débutera en septembre pour deux ans, en alternance, “et il est vrai que la première difficulté de nos jeunes, c’est de trouver une entreprise pour les accompagner. C’est un engagement des deux côtés, mais qui peut rapidement porter ses fruits”, remarque Sylvia Dominici, la coordinatrice de la section BTS Tourisme du lycée Jean-Paul de Rocca-Serra. Jean-Cassien Mary acquiesce, “c’est du temps et de l’investissement pour tous. Mais quand la personne est motivée, cela vaut la peine de s’engager”.
Par Sandrine Ordan
Publié le 05/03/26 à 18:50 – Mis à jour le 05/03/26 à 20:08


