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Ateliers du tourisme durable à Porto-Vecchio : quel avenir pour un secteur d’activités incontournable ?

@CorseMatin

Ce lundi 17 novembre, la 5e édition des Ateliers du tourisme durable a permis de confronter les expériences corses à celles du Continent, des Baléares ou de la Nouvelle-Zélande. Une journée riche d’échanges et de visions différentes quant à l’évolution du secteur.

Imaginer un autre tourisme, plus vertueux, qui n’oppose pas les populations, avec un équilibre qui permette à chacun de s’y retrouver… Pour beaucoup, cela relève de l’utopie. D’autres ont décidé de trouver des solutions, les plus adéquates selon le territoire. Et elles diffèrent parfois drastiquement d’un endroit à l’autre.

Ce lundi 17 novembre, les Ateliers du tourisme durable, organisés par l’office de tourisme intercommunal (OTI) de Porto-Vecchio, ont tenté d’apporter des réponses en s’appuyant sur les retours d’expérience de différents acteurs du tourisme, corses, évidemment, mais aussi continentaux, espagnols et même néo-zélandais. Objectif ? “Poser des équations touristiques en des termes vécus et non pas fantasmés” et un enjeu, celui “d’envisager le tourisme des 30 prochaines années”, a rappelé en préambule Jean-Christophe Angelini, président de l’OTI.

La comparaison entre Corse et Baléares “est impossible”

Et des questions à résoudre, il y en a à foison. Celle de l’empreinte carbone, celle de la consommation des espaces, celle de l’emploi, celle du logement permanent en opposition au logement saisonnier, celle des politiques publiques à mettre en œuvre pour permettre un tourisme plus équilibré et vertueux, “avec lequel il n’est pas simplement question de préserver, mais de régénérer les ressources, qu’elles soient naturelles, culturelles ou humaines”, avance Santina Ferracci, élue municipale de Porto-Vecchio, chargée de la question.

Aux Baléares comme en Nouvelle-Zélande, on a planché sur la question. De manière très différente. Et si le retour d’expérience de l’un ou de l’autre est d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’îles, “la comparaison entre la Corse et les Baléares est impossible”, estime Miguel Segui Llinàs. Et le professeur de géographie des universités des Baléares d’égrener des différences qui changent les paradigmes : superficie moindre côté Espagne, avec une population de 1,25 million de personnes, quatre aéroports dont le plus petit accueille autant de voyageurs annuellement que les quatre aéroports corses réunis, un quart des emplois qui dépendent directement du tourisme, 48 % du territoire en espaces protégés, traitement des eaux usées obligatoire…

“Il y a le revers de la médaille : les lignes intercontinentales continuent à se développer, mais quid de la consommation de CO2 ? Sur un tout autre plan, une partie de la population vit très mal le tourisme à cause de problématiques liées notamment au logement, mais aussi à la surfréquentation de certains endroits, notamment les plages. Beaucoup se sentent dépossédés”, poursuit le géographe.

Responsabilisation des visiteurs et des socioprofessionnels

Des questions auxquelles a été confrontée la Nouvelle-Zélande, qui a fait le choix de responsabiliser ses visiteurs au travers d’une sorte de pacte “qui repose sur cinq piliers : protéger la nature, respecter l’environnement, être préparé pour les visites, conduire prudemment et être respectueux envers les habitants”, a énoncé Cameron Hayes, marketing sustainability manager pour Tourism New Zealand.

La responsabilisation, c’est aussi la voie choisie par l’Ardèche, victime d’un “bad buzz” quant au nombre de canoës présents dans ses gorges, “à cause d’une photo réalisée en timelapse, qui donne la sensation que nous avons un nombre absolument incalculable d’embarcations sur l’eau au même moment, alors que ce n’est pas le cas”, expliqué Vincent Orcel, directeur général de la SPL Gorges de l’Ardèche-Pont d’Arc. La solution pour une meilleure gestion des sites a été d’aller “sur un modèle incitatif et pédagogique plutôt que sur des quotas, que l’on considère comme la dernière mesure à être en place”. Avec une “réussite” du modèle due notamment à la“responsabilisation des visiteurs, comme celle des socioprofessionnels. C’est la prise de conscience locale qui a permis de trouver des solutions, avec les socioprofessionnels”, juge Vincent Orcel.

Et parmi les autres – nombreuses – questions évoquées, celle de la culture, de la transmission, notamment via la musique ou la cuisine. Presque plus philosophique. “Comment fait-on pour ne pas se déposséder d’une culture quand on accueille beaucoup de gens sur notre territoire pour le travail, pour la main-d’œuvre, et qui restent et ensuite ouvrent des établissements ou qui participent à être les chefs de certains restaurants. Comment fait-on pour ne pas perdre ce qu’on est, pour ne plus travestir notre gastronomie ?”, a interrogé Santina Ferracci.

Les réponses restent encore à trouver, car “ce territoire, c’est tous ensemble que nous allons le construire. C’est indispensable. À nous de savoir prendre notre tourisme entre les mains. On y a réfléchi, on trouve des solutions, on sait gérer les espaces naturels aujourd’hui. On l’a prouvé, on sait réguler, réorienter les flux. On peut transformer notre tourisme en un tourisme vertueux. Et à nous de savoir nous parler tous ensemble”, a plaidé Marie Jo Culioli-Vichera, adjointe à l’environnement de Bonifacio.

Par Sandrine Ordan sordan@corsematin.com

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