
S.O.
Le 17 novembre, les Ateliers du tourisme durable permettront de s’interroger sur la notion de transmission, pour un “tourisme de sens ancré dans la réalité locale”. Conférences-débats et ateliers avec des professionnels venus de Corse et d’ailleurs rythmeront la journée.
Ne pas vivre du tourisme sans se poser de questions. S’interroger de façon opérationnelle et pas uniquement philosophique. Coller à l’actualité la plus large. Construire un territoire de projet touristique “ouvert, accueillant, critique parfois, mais dans une volonté partagée d’annualiser les flux”. Voilà quelques-uns des grands axes qui sous-tendent la cinquième édition des Ateliers du tourisme durable (ATD), baptisée “Laissons l’empreinte, pas la trace”, qui aura lieu le 17 novembre prochain à l’espace Jean-Paul de Rocca-Serra, à l’initiative de l’office de tourisme de Porto-Vecchio et de la communauté de communes Sud Corse.
Cette fois, au cœur de la réflexion, la question de la durabilité et des ressources,“durabilité environnementale, culturelle, patrimoniale, identitaire. Il n’est pas question de la prochaine saison, mais plutôt de la prochaine génération, de la manière dont on pense le tourisme à Porto-Vecchio en 2040 ou en 2050”, défend le maire et président de l’intercommunalité, Jean-Christophe Angelini, qui plaide pour un tourisme “tourné vers la production locale, l’intelligence, les circuits courts, la culture, l’identité, le patrimoine, ce qui est notre ADN et que l’on a à cœur de valoriser”.
Une trajectoire “durable”, qui s’appuie notamment sur la transmission
Pour nourrir le débat, outre les socioprofessionnels et élus locaux, des noms venus de l’extérieur, comme le géographe Rémy Knafou, le professeur Miguel Ségui Llinas, ou le philosophe Thierry Paquot. Car les ATD se veulent “un laboratoire : on compose, on avance avec nos socioprofessionnels, avec des gens aussi qui viennent d’ailleurs pour nous donner des éclairages, et qui sont prêts à nous aider et à continuer avec nous à réfléchir à notre trajectoire sur le durable”, appuie Santina Ferracci, élue chargée du tourisme.
Une trajectoire qui s’appuie notamment sur la transmission, “d’où le mot d’empreinte, que l’on retrouve dans le titre de la manifestation cette année. Quand il est question de tourisme, on pense avant tout au négatif, aux traces, mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi des choses qui peuvent être transmises par le tourisme, le partage, l’hospitalité, et c’est ce qu’on essaie de transmettre toute l’année”, poursuit Laurence Giraschi, directrice générale des services de la CCSC.
THRS, fiscalité… “Beaucoup de nos actions se sont nourries des ATD”
Mais pour cela, diverses problématiques restent à résoudre selon les organisateurs : celle de la gestion et de l’utilisation de l’eau par exemple, dont l’importance se vit au quotidien pour les habitants, et d’autant plus ces dernières semaines, ou encore celle des transports, “en particulier quand l’île voisine, qui n’est éloignée de nous que d’une dizaine de kilomètres, a une logique d’internationalisation de ses vols à l’année, alors que notre offre fait que nous avons une clientèle française à plus de 80 %”, reprend Jean-Christophe Angelini, pour qui il ne s’agit “pas d’avoir dix mois d’août chaque année, mais bien de lisser la fréquentation sur l’année en reconnectant les moyens de transport, les grands choix politiques et l’économie touristique“.
Le regard tourné vers l’ailleurs sera là pour éclairer le débat, “et a déjà permis d’orienter certaines décisions grâce aux invités des précédents ATD”, soutient Marie-Pierre Papi, directrice de l’OT. “Taxe d’habitation sur les résidences secondaires, numéro d’enregistrement pour les meublés de tourisme, interrogation sur la fiscalité, mise en produits touristiques accentuée, approche paysagère… Beaucoup de nos actions se sont nourries des ATD. On attend donc beaucoup de cette nouvelle édition”, conclut Jean-Christophe Angelini.
Le programme
Les ATD auront lieu à l’espace Jean-Paul de Rocca-Serra lundi 17 novembre à partir de 8 h 30 et sont ouverts à tous. La matinée sera consacrée à des conférences-débats, tandis que des ateliers seront organisés l’après-midi.
À 9 h 30 : “Le tourisme durable, et après ? Quelles trajectoires pour le Sud-Corse ?”, avec Rémy Knafou (géographe), Jean-Louis Moretti (ATC) et Virginie Picon-Lefebvre (architecte et urbaniste).
À 10 h 30 : “Tourisme et ressources : innover pour s’adapter”, avec Miguel Ségui Llinas (professeur), Vincent Orcel (directeur SPL Gorges de l’Ardèche), Pascal Rinaldi Dovio (PNRC), Cameron Hayes (Tourism New Zealand).
À 11 h 30 : “Identité, culture et transmission : le tourisme de demain se transmet aujourd’hui”, avec Élodie Balesi (cheffe), Guy Canarelli (auteur-compositeur) et Thierry Paquot (philosophe).
De 14 heures à 16 heures, les ateliers de réflexion reprendront les thématiques des conférences-débats de la matinée.
