
Fanny Hamard
Aussi bien du côté des professionnels du tourisme que des institutions, attirer la clientèle du centre et du nord de l’Europe – une catégorie de voyageurs au fort pouvoir d’achat, est au cœur de toutes les stratégies.
Si pour la saison estivale 2024, les visiteurs italiens sont arrivés en tête des touristes, devant l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni, il n’en demeure pas moins que les professionnels du tourisme, suivis par les institutions, misent sur la clientèle du nord et du centre de l’Europe.
“L’année dernière nous avons eu un mois d’octobre exceptionnel, en termes de fréquentation et de beau temps, constate le directeur de l’hôtel Fesch à Ajaccio, Thomas Vincetti, lequel enregistre déjà un bon départ de saison. Je remercie les compagnies et les institutions de nous avoir ramené des gens du nord de l’Europe qui ont un fort pouvoir d’achat, qui ne sont pas regardants et qui sont venus dépenser des sommes folles en Corse.”
Juin attendu à la hausse
Alain Venturi, socioprofessionnel de l’hôtellerie de plein air, confirme la tendance. S’il voit “un mois de mai moins bon que l’année dernière”, c’est parce que “les vacances allemandes sont en juin, qui sera par conséquent en hausse”. Une orientation prise en compte dans la stratégie développée par l’agence de tourisme de la Corse : “Les tour-opérateurs allemands sont également très intéressés par les efforts menés par notre territoire en matière d’écotourisme. C’est un segment stratégique, particulièrement au printemps et à l’automne car il est plus flexible, moins dépendant des vacances scolaires et sensible à la qualité de l’environnement et de l’accueil”, conclut Angèle Bastiani, présidente de l’ATC.
Toute l’année
Stars de la saison touristique, sans surprise, les mois de juillet et d’août affichaient l’année dernière les plus hauts taux de fréquentation. En 2024, le pic d’arrivées est atteint le 11 août, avec 465 843 touristes présents en Corse.
Cette année encore, ils prévoient de bons résultats en termes de fréquentation :“90 % de nos demandes sont axées sur la pleine saison et le top cent, sur fin juillet et mi-août”, souligne Élodie Andreani Cannazzi, directrice de Ma Petite Cors’iergerie au sein de l’agence de voyages Aria. “Même si les demandes sont tardives et peinent à arriver.”
En cause, selon cette dernière, entre autres, le prix des transports : “J’ai toujours été du côté de nos transporteurs qui font un boulot remarquable, assure-t-elle. Mais 1 700 euros pour un passage bateau en famille, à ce prix-là, mes clients ont un voyage tout compris ailleurs…”
Par Charlotte Larroche-Palmeri clarroche@corsematin.com
