
O.Sanchez/L.Sanchez/O.Huitel / Crystal Pictures – O.Sanchez
Propulsé par l’ATC, le festival du tourisme durable Green Orizonte, revient du 2 au 4 mai à Calvi, Lumio, Algajola et Aregno. Anne-Marie Piazzoli, directrice du festival et de l’office de tourisme de Calvi, revient sur les enjeux de cette deuxième édition, s’inscrivant parallèlement à la candidature de la Corse pour recevoir le label Green Destination.
Pourquoi vouliez-vous créer un festival spécifiquement sur le tourisme durable en Corse ?
À la sortie de la crise sanitaire, nous avons examiné les requêtes des visiteurs de notre territoire. Celles-ci tournaient exclusivement autour du besoin de reconnexion avec la nature. On se devait d’apporter une réponse à ça.
Peut-être que les richesses naturelles et patrimoniales de notre territoire n’étaient pas suffisamment orientées vers le durable, alors que nous avons une base solide. Et puis, on a une histoire avec l’écologie, puisque nous avons accueilli pendant 20 ans à Calvi, le Festival du Vent, qui s’était terminé en 2013.

Comment cet événement se positionne-t-il ?
C’est le rendez-vous festif d’une écologie dite positive. On veut sortir du contexte anxiogène sur l’écologie. On considère que la culture, la musique, les ateliers interactifs, permettent de mieux éveiller les consciences. C’est la raison pour laquelle, en plus des cycles de conférences, nous avons invité des artistes concernés comme Adrien Susini, et qui attirent du monde comme Cerrone, les L5, Fakear…, pour animer les soirées.
Qu’était-il ressorti de la première édition du festival ?
Lorsque nous avons interrogé les festivaliers, ils nous ont félicités d’avoir créé un rendez-vous qui fédère. Un événement qui venait en réponse à un besoin. On avait invité, notamment sur la partie conférence, des intervenants de haut niveau. Et en réponse, on a senti que c’était attendu, aussi bien du côté des professionnels que du grand public. On essaye de donner des clés, des inspirations, des méthodes à nos professionnels du tourisme qui, eux aussi, veulent entrer dans la danse.
La Corse devient la deuxième région la plus engagée de France
Observez-vous chez les professionnels, une vraie volonté de s’améliorer pour contribuer à un tourisme durable ?
Oui. Vous savez qu’avec 58 hébergements touristiques titulaires de l’Écolabel européen, la Corse devient la deuxième région la plus engagée de France dans cette démarche de tourisme durable.
En parallèle, il y a aussi un réseau qui s’est formé, notamment avec la marque Rispettu, qui va au-delà des hébergements, mais également sur les vignerons et l’agroalimentaire. La première journée est d’ailleurs consacrée aux professionnels. Les conférences aborderont les thématiques reliées à l’inclusion et de l’intelligence artificielle, qui touche toutes les activités économiques comme celles qui sont liées au tourisme. Nous lançons un projet au sein de l’office du tourisme, uniquement réalisé avec l’IA, qui sera également dévoilé au festival.
Le pilier social compte autant que le pilier environnemental et économique
L’édition a pour thème l’inclusion, pourquoi avez-vous choisi une question sociale à défaut d’une problématique environnementale ?
Dans le développement durable, il y a plusieurs piliers. Le pilier social compte autant que le pilier environnemental et économique. Dans le social, vous retrouvez les valeurs de l’inclusion, et notamment la cause du handicap. En 2024, nous avons rendu accessible au plus grand nombre cinq plages de notre territoire en les équipant de tapis d’accès PMR de mise à l’eau et de fauteuils flottants pour permettre la baignade. Nous avons voulu élargir cette intention lors de cette deuxième édition parce que nous estimons que la beauté de la Corse doit être accessible au plus grand nombre.
Par Charlotte Larroche-Palmeri clarroche@corsematin.com
