Quelle trajectoire pour le Sud Corse ?
Animé par : Camille Rocca Serra
Avec la participation de :
- Jean-Louis Moretti, ATC
- Virginie Picon-Lefebvre, Professeur ENSA

L’atelier sur le thème « Le tourisme durable : et après ? Quelle trajectoire pour le Sud Corse ? » a réuni un large panel d’acteurs du territoire : hébergeurs, offices de tourisme, représentants institutionnels, acteurs du loisir, étudiants en tourisme et spécialistes de la transition écologique. L’objectif : dépasser les discours abstraits pour interroger concrètement la manière dont le Sud Corse peut construire un tourisme plus responsable, plus authentique et mieux adapté aux réalités locales.
L’un des constats majeurs partagés par les participants concerne l’évolution des attentes des visiteurs. Les séjours se raccourcissent, se fragmentent, et les touristes recherchent davantage de sens : découverte des villages, expériences nature, rencontres locales, mise en valeur des savoir-faire, exploration de la montagne et des espaces préservés. Les clientèles étrangères, notamment, montrent une sensibilité croissante aux pratiques responsables, au tri des déchets et à la consommation raisonnée des ressources.
Les professionnels ont présenté de nombreuses initiatives déjà mises en œuvre : réduction de la consommation d’eau et d’énergie, installation de panneaux solaires, climatisations intelligentes, écotaxe finançant des investissements verts. Si ces démarches peuvent parfois susciter des incompréhensions (absence de climatisation, jardins moins arrosés…), tous s’accordent sur l’importance d’une communication claire et anticipée pour favoriser l’adhésion des visiteurs.
L’atelier a également mis en lumière des enjeux structurants pour le territoire : manque d’offre en mobilité douce, difficultés d’accès à certains sites, signalétique insuffisante, valorisation limitée des sites naturels et patrimoniaux, offre réduite hors saison. Pour répondre à ces défis, les participants ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre collectivités, offices de tourisme, acteurs privés et propriétaires fonciers.
Enfin, la question de l’étalement de la saison touristique a largement été débattue. Dans un contexte de concurrence internationale et de baisse du pouvoir d’achat, diversifier les clientèles, développer le tourisme expérientiel, structurer des activités et événements hors été, et mieux valoriser villages et arrière-pays sont apparus comme des priorités.
Au terme de cet atelier riche et collaboratif, une conviction émerge : le tourisme durable n’est pas un label, mais une trajectoire collective fondée sur l’accueil, la cohérence du territoire, l’implication des acteurs et la valorisation de l’identité sud-corse. Un tourisme durable parce qu’il a du sens, pour les visiteurs comme pour les habitants.
