
Fanny Hamard
À l’heure d’un premier bilan de fin d’été, l’organisme intercommunal analyse les effets du contexte économique et climatique sur les habitudes des visiteurs, tout en mettant l’accent sur l’essor de sa stratégie “d’économie de séjour” avec 400 partenaires, pour un modèle touristique “choisi” et déployé toute l’année.
Les vacanciers sont encore nombreux à se renseigner aux comptoirs de l’office de tourisme (OIT) du pays ajaccien. Pourtant, l’heure est déjà au premier bilan de fin d’été pour l’organisme intercommunal, dont l’observatoire créé en 2016 collecte et analyse à la loupe les statistiques.
L’objectif est clair pour la présidente de l’office, Christelle Combette, sa directrice, Nathalie Cau, et leur équipe d’une vingtaine de personnes : conforter l’essor d’une stratégie “d’économie de séjour” et d’un modèle touristique “choisi”, déployé toute l’année.
“Nous ne considérons absolument pas le tourisme comme un mal nécessaire, bien au contraire, dans la mesure où cette industrie représente 40 % de notre PIB. C’est donc un vecteur majeur de notre développement, expliquent les deux responsables, aux côtés de Sébastien Blanc, chef du pôle en charge de l’observatoire touristique et de la taxe de séjour. Pour autant, nous mettons en œuvre une offre ciblée à l’échelle de la Capa, afin d’orienter cette économie et ne surtout pas la subir”.

La valorisation des circuits courts et des savoir-faire locaux, le développement de l’agritourisme, la visibilité numérique ou encore le positionnement sur les rencontres d’affaires s’inscrivent dans cette démarche, en lien avec un réseau de 400 partenaires. “L’enjeu se mesure aux retombées directes pour les professionnels du territoire, poursuit Christelle Combette. Sur la seule période de juin à août dernier, le chiffre d’affaires de la billetterie a été de 185 255 euros, contre 123 060 euros en 2025, soit + 50 %”.
“Les meublés de tourisme marquent le pas”
Des résultats en hausse, malgré un bilan contrasté en fonction des indicateurs et des filières, dans un contexte de crise économique et climatique. Si la fréquentation du territoire a été “globalement stable” par rapport à l’année précédente – à l’instar des flux aériens et maritimes -, l’OIT décrit une saison “à plusieurs vitesses”, loin d’un recul généralisé. Ainsi que des habitudes qui évoluent, parfois à l’encontre des idées reçues.
“La baisse du pouvoir d’achat, mais aussi les épisodes de fortes chaleurs, ont une incidence sur les comportements, souligne Nathalie Cau. On observe par exemple des creux de fréquentation entre 13 heures et 17 heures, et des difficultés accrues pour la restauration et le commerce. Pour autant, le panier moyen consacré aux activités se maintient, autour de 50 euros en moyenne. L’hébergement professionnel résiste plutôt bien, tandis que les meublés de tourisme marquent le pas. En août, la plateforme Liwango estime 83 182 nuitées en hébergement collaboratif, soit -26,05 % par rapport à août 2025″.
Selon les responsables de l’OIT, le constat conforte le choix politique de réglementer les meublés de tourisme, pour les intégrer au modèle local, plutôt que de s’y opposer. “Ajaccio, la première ville de Corse, a une capacité d’hébergement de séjour inférieure de moitié à Porto-Vecchio. On ne peut pas se passer de cette offre des meublés de tourisme, bien sûr référencés, ce que nos partenaires hôteliers entendent parfaitement. Depuis la délibération non coercitive pour réguler le marché (adoptée le 13 février 2025 en conseil municipal, ndlr), près de 2 000 meublés ont été référencés à Ajaccio soit 85 % du total officiellement recensé par l’agence du tourisme de la Corse ou encore DataGouv. Nous travaillons aussi à l’extension d’une offre d’hébergement adaptée dans le rural, pour contribuer à revitaliser les villages”.
“Ajaccio n’est plus une ville de passage”
Tandis que la clientèle touristique est “à 80 % continentale”, les axes de travail portent aussi sur une “segmentation” de l’offre, notamment à destination des groupes. Parmi eux, les croisiéristes, qui accostent en nombre dans le port ajaccien. Un modèle souvent décrié, que l’OIT tient à nuancer.
“Nous n’avons pas la compétence en matière d’accueil des compagnies de croisières, mais notre devoir est d’aller au-devant des agences qui représentent les compagnies qui sont en phase avec notre vision d’un tourisme responsable, note Nathalie Cau. Nous avons une gamme d’offres, coconstruite avec nos partenaires, qui valorise l’immersion dans notre identité, notre culture et notre patrimoine, adaptée au temps d’une escale”.
D’autres clientèles, dont la durée de séjour tend à s’allonger, sont par ailleurs ciblées. “Ajaccio n’est plus une ville de passage, avec des séjours de quatre à cinq jours en moyenne, ajoute Christelle Combette. La hausse des recettes de la taxe de séjour en est un indicateur. Il y a toujours des incontournables, comme les visites culturelles autour de Napoléon, ou encore les activités de pleine nature. Mais notre ambition est d’innover sans cesse et d’ouvrir de nouveaux motifs de séjour, y compris pour les locaux”.
Parmi les dernières propositions originales, une visite concert autour du personnage de Tino Rossi. Ou encore, pour les plus sportifs, la découverte de la ville en running.
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Changement de nom et nouveau label
En cette rentrée, l’office de tourisme du pays ajaccien devient l’office de tourisme et des rencontres d’affaires du pays d’Ajaccio. Plus qu’un simple changement de nom, la volonté de marquer un “élargissement” du champ d’action de l’organisme, tourné vers l’ouverture de nouveaux marchés, hors pleine saison. “Avec son bureau des rencontres d’affaires, l’office veut renforcer le positionnement de la destination sur les congrès, séminaires, événements professionnels”, précisent les responsables.
Autre nouveauté, l’obtention toute récente du label d’État “Destination d’excellence”, délivré par Atout France. “Notre office a obtenu un score global de 95,45 %, dont 96,46 % en développement durable. Cette reconnaissance valide le travail des équipes sur la qualité de l’accueil, la responsabilité environnementale, l’accessibilité, l’écoute et la fiabilité de l’information”, ajoutent Christelle Combette et Nathalie Cau.
Par Laure Filippi


