
Agritourisme au Domaine Peraldi – Angèle RICCIARDI
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Sur l’île où l’environnement et l’identité sont des piliers du développement, les institutions touristiques et les professionnels locaux s’emploient à bâtir un tourisme plus responsable, plus équilibré, et surtout plus durable. Labellisations, expériences immersives, la Corse avance pas à pas vers un modèle vertueux.
L’environnement comme levier stratégique
En matière de grandes orientations touristiques, la Corse ne part pas de zéro. C’est inscrit noir sur blanc dans le PADDUC, le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse explique Jean-Louis Moretti, responsable pôle développement et ingénierie à l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC). « L’orientation 5 du Padduc dit que le tourisme doit être durable et responsable, respectueux de la société et produisant des richesses pérennes pour tous. » Il poursuit : « il est également notifié que le couple environnement-identité est le moteur de croissance qu’il faut en faire un avantage compétitif pour positionner la Corse comme une destination méditerranéenne de référence en Europe. »
Labellisation, un gage de reconnaissance
Ce positionnement se traduit par des actions concrètes. L’ATC soutient le développement de l’écolabel européen pour les hébergements touristiques. « Avec 59 établissements comptabilisés à ce jour, la Corse est la deuxième région la plus écolabellisée de France. L’objectif est désormais de prendre la tête du classement. » ajoute Jean-Louis Moretti.
Mais l’ambition va plus loin. L’île est désormais candidate au label international Green Destinations, une reconnaissance exigeante qui s’appuie sur quatre niveaux. À la clé, une méthode, une feuille de route, un plan d’action et une valorisation des professionnels déjà engagés. La réponse est attendue d’ici fin 2025.

Désaisonnaliser, une offre à réinventer
L’autre grand chantier, c’est celui de la désaisonnalisation. Pour attirer des visiteurs hors saison, il ne suffit pas de disposer d’hébergement. Encore faut-il proposer des activités adaptées aux clientèles disponibles en automne ou au printemps – notamment celles des pays d’Europe du Nord.
Jean-Louis Moretti évoque une série d’initiatives : « le tourisme de pleine nature est une piste majeure. Avec le Parc naturel régional, nous avons lancé une étude sur la randonnée en moyenne montagne. Accessible toute l’année, il est même préférable de la découvrir hors saison, au printemps notamment. ». Une analyse est en cours afin d’évaluer, entre autres, les investissements nécessaires pour redynamiser les gîtes d’étape, souvent vieillissants. Autre levier, faire émerger la Corse comme destination plongée.
« Avec près de 60 clubs professionnels, l’île a des atouts indéniables, des fonds marins riches, une eau plus chaude en automne, et une proximité précieuse avec les capitales européennes ». Enfin, le vélo s’invite aussi dans la réflexion pour découvrir l’île autrement. Le slow tourisme prend donc tout son sens.
Les offices de tourisme, un accompagnement de terrain
À l’échelle locale, les offices du tourisme prennent le relais. À Ajaccio, c’est Melissa Desclaud Bacquère qui pilote la mission tourisme durable au sein de l’OIT du Pays d’Ajaccio. Avec un mot d’ordre « accompagner les professionnels au plus près de leurs besoins ». Grâce à un partenariat avec l’Ademe, un outil de prédiagnostic environnemental gratuit a été mis en place.
S’inspirant de l’éco-label européen, il permet d’évaluer les pratiques des établissements (gestion de l’eau, des déchets, consommation d’énergie) et de proposer un plan d’action personnalisé. « C’est un outil puissant », explique-t-elle. « Au-délà d’éffectuer un diagnostic, il révèle aussi des idées auxquelles les professionnels n’auraient pas forcément pensé. »
Entre 2022 et 2024, plus de 122 dossiers ont été déposés à l’ADEME, et 40 ont été soutenus. Au total, ce sont plus de 800 millions d’euros qui ont été investis sur deux ans. Un chiffre conséquent, qui s’est traduit par des avancées concrètes.
À Bastelicaccia, par exemple, l’Alivettu, un établissement proposant des chambres d’hôtes, a installé un broyeur de végétaux, isolé ses bâtiments, repensé ses sanitaires, et réduit les déchets du petit-déjeuner.
À Ajaccio, le restaurant chez« Rosette et Charlot » a végétalisé ses terrasses, installé des récupérateurs d’eau de pluie, et opté pour du matériel plus performant énergétiquement.
Des établissements plus importants ont franchi un cap également en optant pour des panneaux photovoltaïques ou des systèmes solaires thermiques.



