
Malgré un printemps difficile, la présidente de l’ATC assure que la fréquentation touristique reste dynamique. Angèle Bastiani met en avant la désaisonnalisation, l’adaptation des aides aux professionnels et la montée en puissance de nouvelles dessertes aériennes votées par l’Assemblée de Corse.
« La saison 2025 s’est inscrite dans la continuité des bons résultats de 2024 », affirme Angèle Bastiani, invitée de la rédaction d’ici RCFM ce jeudi 22 mai. En réponse à une question sur les difficultés rencontrées en ce début de printemps, elle reconnaît que « ça peut paraître compliqué, et ça l’est sûrement pour certains socioprofessionnels ». Mais selon elle, « la fréquentation ne baisse pas. Elle change de forme », avec davantage de visiteurs observés en mai, juin, septembre et octobre. En 2024, « 50 % des passagers ont voyagé hors juillet et août », indique-t-elle. Le tourisme reste un pilier de l’économie insulaire, avec « 36 millions de nuitées et 3,4 milliards d’euros de retombées économiques ».
Des aides adaptées aux réalités du terrain
La présidente de l’ATC insiste sur l’écoute des professionnels : « Nous les écoutons […] et nous leur répondons avec des chiffres, mais aussi avec des outils ». Elle cite notamment « le guide des aides, qui va être renouvelé à l’Assemblée de Corse », destiné à accompagner les porteurs de projets publics ou privés. « Des millions d’euros chaque année sont alloués aux professionnels », explique-t-elle.
39 % des aides sont fléchées vers des projets structurants. « Cela veut dire améliorer des mesures existantes, rénover des chambres, améliorer les équipements ». Depuis 2022, « on a attribué 16,85 millions d’euros de subventions sur cette mesure d’aide », avec « 195 dossiers accompagnés pour la montée en gamme, le tourisme durable et l’identité ». Par ailleurs, « des avances remboursables ont été attribuées à 34 dossiers, pour un montant de presque 7 millions d’euros ».
La structuration de l’offre passe aussi par « le soutien aux événements hors saison », précise Angèle Bastiani. Cette mesure, intégrée au guide des aides, vise à renforcer l’attractivité touristique en dehors de l’été. Interrogée sur le tricentenaire de la naissance de Pasquale Paoli, elle rappelle que « l’événementiel est un levier de structuration du tourisme ».
Transport : franchir un cap stratégique
Quant aux critiques concernant le coût des trajets, « 700 euros pour aller à Figari », Angèle Bastiani rappelle que « l’Agence du Tourisme de la Corse n’a pas la compétence pour ouvrir des lignes aériennes ». Mais elle insiste sur le rôle de coordination de l’agence et sur les décisions politiques récentes. « Les liaisons aériennes que nous avons votées en mai 2024 à l’Assemblée de Corse ont pour objectif de renforcer la desserte toute l’année ». Elle parle d’un « cap stratégique avec l’annualisation », permettant d’« ouvrir de nouvelles lignes européennes -Suisse, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Italie- mais aussi nationales, comme Toulouse, Strasbourg ou Bordeaux ».
Ces « contrats de construction de services aériens » doivent permettre « d’acheter des flux sur des marchés ciblés », afin d’« augmenter la fréquentation, l’étaler sur l’année et maîtriser les tarifs ».
