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En Corse, la crainte d’une nouvelle saison touristique difficile

@LeFigaro

Avion trop cher, augmentation de l’offre des meublés de tourisme, moins de monde dans les hôtels… Sur l’île, la fréquentation estivale de 2023 a enregistré une baisse de 8,1% par rapport à 2022 et 2024 ne s’annonce pas beaucoup mieux…

La Corse a fait une saison touristique médiocre en 2023 et le scénario risque de se reproduire en 2024. Hervé Marcilloux / stock.adobe.com

Inquiétude et pessimisme. Après la saison compliquée vécue par les professionnels du tourisme en Corse, l’été 2024 s’annonce tout aussi difficile, selon ces acteurs. «Nous n’avons pas de raison d’être optimiste, confie César Filippi, président du GHR (groupement des hôtelleries et restaurations) Corsica qui compte environ 300 membres. Nous sommes passés près de la catastrophe à cause de la saison dernière. Et sans effort au niveau des tarifs des transports, notamment aériens, cela va être compliqué pour la prochaine.» Manque de sièges disponibles dans l’aérien, tarifs trop élevés pour un billet d’avion, augmentation de l’offre des meublés de tourisme, les maux dénoncés par les professionnels sont similaires.

Une étude de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) publiée fin 2023, est venue confirmer le ressenti négatif enregistré dans l’île lors de l’été. La fréquentation estivale a enregistré une baisse de 8,1% par rapport à 2022. Si les touristes ont passé 9,3 millions de nuitées dans divers types d’hébergements, dont les hôtels, campings et autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT), l’île enregistre une perte de 824.000 nuitées. D’avril à septembre 2023, 6.310.000 voyageurs ont transité dans les ports et aéroports insulaires. Avec 102.200 passagers de moins qu’en 2022, le trafic de voyageurs est en repli de 1,5 %. Cette baisse, plus modérée dans les transports que dans l’hébergement, confirme une diminution de la durée des séjours et laisse supposer des changements quant au choix d’hébergement : «Le tissu économique non déclaré se porte bien, contrairement aux hôtels et restaurants», constate, amer, César Filippi. Dans son viseur, le paracommercialisme et notamment la plateforme Airbnb qui ne cesse de gagner du terrain : «Il y a eu 11% de sièges en moins dans l’aérien lors de l’été 2023 et dans le même temps, une augmentation de 10 à 15% du nombre de meublés, analyse Jean-Baptiste Pieri, secrétaire général du cercle des grandes maisons de Corse, qui compte plus d’une vingtaine d’hôtels quatre et cinq étoiles. L’hôtellerie-restauration a perdu 10% de chiffre d’affaires. Et les charges d’exploitation ont explosé. Nous avons dû brader nos hébergements en arrière et après saison. C’est très grave ce qu’il s’est passé. Paradoxalement il y a eu plus de monde en juillet et août mais ces touristes sont allés dans les meublés. Les pouvoirs publics veulent mettre en place une politique de désaisonnalisation, mais dans les faits ça n’arrive pas

«Nous ne pouvons pas être compétitifs»

L’Agence du Tourisme de Corse (ATC) avait décidé de ne pas promouvoir la destination pour l’été, dans le cadre des actions contre le tourisme de masse. Pour Jean-Baptiste Pieri, l’origine du mal est à rechercher dans la politique appliquée par les compagnies aériennes sous délégation de service public, Air-Corsica – Air France : «Il y a une baisse de sièges disponibles dans l’aérien conjugué à des tarifs très élevés. Un couple qui vient en Corse va dépenser deux à trois fois plus dans le transport que lorsqu’il est sur place. C’est la seule destination européenne dans ce cas. Le transport met la Corse hors du marché. Nous ne pouvons pas être compétitifs. Il y a des billets à 800 euros pour faire un Paris- Figari...»On fait un tourisme qui tue l’industrie touristique.

Des maux qui perdurent et laissent craindre une nouvelle “mauvaise” saison touristique : «Si on continue comme ça, nous n’allons plus attirer de nouveaux clients. On fait un tourisme qui tue l’industrie touristique. Il y a une très forte inertie des pouvoirs publics. Tous nos voisins européens en concurrence avec nous, ont explosé leurs chiffres de fréquentation l’année dernière. L’île a fait une saison médiocre et le scénario risque de se reproduire en 2024.»

Malgré ces perspectives, les professionnels espèrent résister : «Ici on parle du tourisme, on vous regarde de travers. C’est presque un gros mot, se désole César Filippi. Mais on ne baisse pas les bras, même si la situation est préoccupante

Par Antoine Giannini

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