
Lisandru-Francescu Olmeta
Si la saison 2024 montre une progression globale modérée avec des chiffres en hausse pour le nombre de passagers transportés, le nombre de nuitées réalisées et les taux d’occupation des hébergements, qu’en sera-t-il cette année ? Angèle Bastiani, présidente de l’agence du tourisme de Corse répond.
En termes de chiffres, comment se profile l’avant saison ? Et la haute saison ?
L’avant-saison se prépare sous de bons auspices, marquée par un regain d’intérêt et une offre renforcée. La haute saison semble également bien engagée, avec une fréquentation touristique qui devrait être soutenue et sans doute supérieure à celle de 2024. La tendance de fond reste à l’étalement de la fréquentation pour mieux répartir l’accueil sur plusieurs mois.
Au niveau de l’offre aérienne, il est prévu une augmentation de 3 % du nombre de sièges disponibles entre avril et juin 2025 par rapport à l’an passé. Nous relevons que la demande est aussi en hausse : les recherches de vols vers la Corse, entre janvier et mars 2025, ont progressé de 31 % par rapport à 2024.
Une dynamique forte, portée principalement par la France, mais aussi par l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la Suisse.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’une mono clientèle
Quelle clientèle cherche-t-on à attirer cette année ?
Cette année, comme tous les ans, nous œuvrons à déconcentrer le tourisme, y compris en matière de provenance de flux. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une mono clientèle : outre l’enrichissement culturel, il en va aussi de la sécurité économique, car la dépendance à un seul marché est très risquée. Nous cherchons à attirer une clientèle à la fois européenne, allemande, italienne, suisse, belge, britannique, mais aussi française.
Nous commençons également à nous ouvrir à des marchés plus lointains comme le Canada ou les États-Unis, où l’image de la Corse bénéficie d’un fort pouvoir d’attraction.

Pour ce qui est du tourisme thématique, nous axons depuis plusieurs années sur le sport et les activités de plein air, sur la gastronomie ainsi que sur notre patrimoine et notre identité, sans oublier le tourisme d’affaires qui est en croissance constante.
“Une offre différenciante”
Beaucoup de professionnels du tourisme misent sur une clientèle aisée du nord de l’Europe, de plus en plus nombreuse sur l’île. Cette tendance se confirme-t-elle ?
Tout à fait, l’Europe centrale et du nord, qui ne constitue pas un ensemble uniforme d’ailleurs, constitue un marché émetteur important pour la Corse : on observe d’ailleurs une progression régulière de ces clientèles à fort pouvoir d’achat, en quête d’authenticité, de confort et d’expériences singulières.
Leur intérêt pour la Corse s’explique par notre capacité à proposer une offre différenciante, alliant nature préservée, hébergements à taille humaine, gastronomie et culture.
L’arrière-saison semble susciter un engouement avec déjà un bon nombre de réservations, confirmez-vous ce phénomène ?
Parlons plutôt d’automne, “arrière-saison” est un terme que nous devrons bientôt abandonner, tout comme le terme de “saison touristique” : le tourisme, c’est, et ce doit être toute l’année.
Effectivement, on observe clairement un vrai engouement pour l’automne et aussi pour le printemps ce qui est très encourageant. Octobre est désormais un mois incontournable en matière de fréquentation touristique en Corse. Novembre et décembre présentent également une dynamique de hausse depuis plusieurs années.
Par Charlotte Larroche-Palmeri clarroche@corsematin.com
