
Après le pic estival, Porto-Vecchio retrouve un rythme plus calme. Fréquentation, prix, clientèle, animations : plusieurs indicateurs permettent de dresser un premier état des lieux de cette arrière-saison, alors que le mois d’octobre se profile déjà.
Fin septembre. Dans les rues de Porto-Vecchio, ce matin-là, quelques touristes profitent encore d’un bain de soleil en terrasse. L’affluence est bien loin de celle du pic estival, mais la ville, elle, vit toujours au rythme des visiteurs. Les uns prennent un café, d’autres font quelques emplettes ou flânent dans les rues. À midi, la place de l’église est pourtant étonnamment calme.
Faute d’une affluence suffisante, plusieurs commerces de la vieille ville ont peu à peu baissé le rideau. La plupart jouent toutefois le jeu jusqu’à fin octobre, au moins. “La clientèle d’arrière-saison reste intéressante, observe la responsable d’une boutique de vêtements. À l’automne, on voit passer des groupes de seniors, des couples, pas mal d’étrangers aussi, et on constate qu’ils ont davantage de budget pour les petits plaisirs que la clientèle estivale, qui est plus familiale.”
Du côté des restaurateurs, le constat est plus amer. “Par rapport à l’année dernière, en termes de fréquentation sur septembre, je constate une baisse de 30 à 50 %”,déplore le patron d’un établissement du port, qui comptait sur l’arrière-saison pour se rattraper. “La saison aura été mauvaise du début à la fin. Désormais, il y a trop d’affaires pour une affluence qui ne cesse de diminuer. Ça se ressent en ce moment”,regrette le responsable d’une terrasse voisine.
Des tarifs plus attractifs
Le calme des rues se ressent aussi sur les prix. À Porto-Vecchio, les tarifs n’ont plus grand-chose à voir avec ceux du plein été. Classée destination la plus chère de France pour l’été 2026, avec une moyenne de 222 euros la nuitée selon une étude du moteur de recherche d’hébergements Cozycozy, en ville, la plupart des chambres s’affichent désormais entre 70 et 100 euros. “En août, le premier prix était à 276 euros, confirme la responsable de l’un de ces établissements. Aujourd’hui, si la nuit est à 150 euros, elle ne part pas. Si je la descends à moins de 100 euros, même à 99 euros, elle partira.” Une stratégie assumée pour éviter les chambres vides : en septembre, l’hôtel affiche un taux de remplissage de 80 %.
Des tarifs qui permettent aussi à certains vacanciers de prolonger leur séjour, ou tout simplement de s’offrir Porto-Vecchio à moindre coût. “À 200 euros la nuit, c’est clair qu’on n’aurait pas pu rester une semaine”, assume un couple de retraités parisiens, qui revient chaque année à la même période. Eux ont leurs habitudes et louent une petite maison près de Palombaggia, à 80 euros la nuit en septembre.
Pour ces trentenaires originaires de Grenoble, le prix a même pesé dans le choix de la date : “On a effectivement choisi la dernière semaine de septembre parce que c’était beaucoup moins cher”, explique Antoine. Le groupe a déniché une villa pour quatre personnes, avec piscine et vue mer, à 600 euros la semaine. Soit deux fois moins cher, voire davantage, que les tarifs habituellement pratiqués en pleine saison. “Ça vaut le coup. En plus du prix, il fait 26 degrés, les plages ne sont plus bondées, on peut faire des randos sans crever de chaud…”
Une offre culturelle adaptée
Mais les prix ne suffisent pas à eux seuls à prolonger la saison. Pour attirer les visiteurs, Porto-Vecchio mise aussi sur l’animation. Alors du côté de l’office de tourisme, on intensifie les efforts pour capter ce public. “C’est dans notre feuille de route depuis le départ : développer un tourisme durable et maîtrisé, en mettant notamment en avant la nature et le culturel”, explique Marie-Pierre Papi, directrice de l’office de tourisme de Porto-Vecchio. Et si les restaurateurs constatent une baisse de fréquentation notable, l’office, lui, a enregistré davantage de passages en septembre. “Je ne sais même pas si on peut parler d’arrière-saison, car il y a eu quand même beaucoup de monde”, note la directrice.
L’office reste toutefois prudent sur la fréquentation globale : “Ce n’est pas la même clientèle touristique. Il n’y a pas les mêmes températures non plus. Ils ont peut-être plus envie de visiter une ville le matin ou l’après-midi, s’il n’y a pas la canicule.”
Festivals, concerts, visites guidées, circuits : tout est mis à profit pour maintenir l’activité en ville, et ça marche. “En septembre, les visites guidées ont même mieux fonctionné qu’en juillet-août !” Même dynamique pour les concerts organisés chaque mercredi par l’office. Trois quarts des représentations de septembre ont affiché complet.
Et la dynamique pourrait se prolonger encore. Avec les vacances de la Toussaint à partir du 17 octobre, l’office mise sur une continuité de la fréquentation. Les établissements hôteliers, eux, restent dans le flou : “Pour l’instant, nous n’avons pas de réservations sur octobre et tout va dépendre du temps qu’il fera. Ça va se jouer à la dernière minute !”
Octobre reste donc une promesse. Et à Porto-Vecchio, l’arrière-saison se réserve désormais… au dernier moment.
Par Kelly Bekkar


