Par Anne-C. Chabanon

Les professionnels corses réunis ce lundi 18 mai à l’hôtel Dolce Vita, à Ajaccio, ont brossé un tableau noir de la réalité sur le terrain. – PASCAL POCHARD-CASABIANCA
La situation corse est “extrêmement préoccupante”, a assuré, depuis Ajaccio, Catherine Quérard, la présidente nationale du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR), ce lundi 18 mai, tandis que, dans l’île, nombre d’entreprises mettent la clé sous la porte.
“La Corse n’a pas besoin de compassion économique. Elle a besoin de décisions. Les données Infogreffe 2025 révèlent que le nombre des entreprises en difficulté continue de progresser de + 12,6 %. Les injonctions à payer bondissent à + 8,4 %. Les radiations grimpent à + 36,3 %”.
Assis à côté de la présidente nationale du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR), venue, en personne, alerter sur le contexte “sans précédent”que vit le territoire insulaire, ce lundi 18 mai, à Ajaccio, César Filippi opine du chef. “Quatorze hôtels sont en vente dans l’île”, souffle-t-il, invitant Catherine Quérard à poursuivre.
Laisser à cette dernière le soin de sonner le clairon tandis qu’habituellement ce sont les professionnels corses réunis au sein du GHR Corsica – déclinaison locale – qui s’en chargent, a produit les deux effets escomptés.
Une profession taxée de “jouer les pleureuses”
D’une part, donner du coffre à un collectif qui a trop souvent l’impression de parler dans le vide. Et, en corollaire, tenir à distance, du moins dans l’instant, les critiques réitérées à l’égard d’une profession taxée de “jouer les pleureuses”, grince, amer, le président de la structure régionale, César Filippi, qui brosse un tableau plus que noir de la réalité sur le terrain.
Les chiffres sont “incontestables”, martèle en écho, la présidente nationale.
“Si nous avons souhaité prendre la parole ensemble, c’est parce que la situation insulaire et plus particulièrement celle de l’hôtellerie-restauration est devenue singulièrement préoccupante dans une île où le tourisme représente environ 40 % du PIB. Car lorsque le secteur vacille, c’est toute l’économie insulaire qui chancelle”.

Coût des approvisionnements, accès limité au marché, logistique, saisonnalité extrême, obligation de loger le personnel saisonnier, masse salariale “représentant parfois plus de la moitié du chiffre d’affaires des sociétés touristiques en Corse, alors qu’elle est de l’ordre de 35 à 40 % sur le continent”, autant de difficultés qui s’empilent, façon millefeuille.
Et qui expliquent l’envolée des défaillances, appuient les chefs d’entreprise, venus de toute l’île, pour étayer les propos de Catherine Quérard.


