
PASCAL POCHARD-CASABIANCA
“Si l’on veut rencontrer des touristes, c’est dans les grandes surfaces qu’il faut aller.” À ce stade, les hôteliers relèvent, en moyenne, un taux d’occupation en baisse de 20 à 30 %, auquel s’ajoutent des dépenses annexes en chute libre au sein de leurs établissements.
“Si l’on veut rencontrer des touristes, c’est dans les grandes surfaces qu’il faut aller. Vous ne les verrez pas dans les restaurants. Vous ne les verrez pas non plus dans les hôtels “, affirme Jean-Christophe Barrau, membre du conseil d’administration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), en charge de la branche hôtellerie et hôtelier à Corte, dans la vallée de la Restonica. Avant d’enchaîner sur une saison 2026 qu’il qualifie de “très compliquée” pour les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration insulaires, malgré des aéroports et des ports qui tournent à plein régime.
Cette situation se traduit notamment au sein des établissements hôteliers par des taux d’occupation en baisse, selon ses calculs de 20 % à 30 % en moyenne par rapport à l’année 2025 à la même période. Ce qui correspond à un repli “colossal”, d’autant plus que les hôteliers à travers l’île ont aussi souffert en mai, puis en juin, d’une contraction importante de leur activité.
En outre, les prochaines semaines n’offrent guère de perspectives réjouissantes. Le membre du conseil d’administration de l’Umih se réfère à son propre établissement. “À 14 heures, ce lundi, j’ai regardé mes statistiques du mois d’août par rapport à l’an dernier, il me manque 174 chambres pour un établissement qui en compte 30“, déplore-t-il.
Moins de petits déjeuners, de boissons…
Il y a moins de clients, et ceux qui sont là réduisent les dépenses liées aux petits déjeuners, aux boissons et au snacking. Soit une diminution “flagrante” de 30 à 35 % en juillet du chiffre d’affaires annexe pour les professionnels du secteur. On vend moins dans les hôtels et par voie de conséquence les fournisseurs livrent moins. Ce qui risque fort de contracter l’emploi. D’ores et déjà, l’hôtelier a dû revoir ses effectifs à la baisse cette année, en supprimant un poste et demi.
C’est ainsi que les cartes de la saison touristique sont rebattues par “une clientèle nationale contrainte par le contexte économique mais qui éprouve toujours une appétence pour la Corse”. C’est le point positif, “la destination et ses atouts naturels formidables, suscitent encore de l’envie. “


